Edito

  • : My Perfide Albion home
  • : My Perfide Albion home est un blog créé à l'occasion de mon installation à Bristol. On y trouvera donc des pensées plus ou moins inspirées sur les différences entre la Grande Bretagne et la France, sur les problèmes de traduction, puisque c'est mon métier, et sur mes tribulations gastronomiques et culinaires au pays des spam fritters et de la deep fried mars bar.
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Jeudi 27 novembre 2008 4 27 /11 /Nov /2008 13:52

    Juste une anecdote qui m'a fait chaud au coeur (No, Sandra, you're not alone!), vu l'étrange sabir franglais que je me mets parfois à parler à la fin de la journée, après avoir manié de l'anglais pendant quelques heures (de trop, visiblement).

    J'étais donc ce matin à un arrêt de bus parisien que je partageais avec d'autres dont un petit garçon et sa baby sitter, apparemment jeune fille au pair. Mon oreille étant particulièrement sensibilisée en ce moment aux parlers anglo-saxons, j'ai entrepris d'écouter la conversation de ces deux-là, au départ pour tenter d'identifier la région d'origine de leur accent. Ce fut d'ailleurs l'échec total, mes plus plates excuses aux mânes du Professeur Higgins de Pygmalion et de My Fair Lady, mais ceci est une autre histoire.

   Or donc, la conversation avait lieu en anglais et fit apparaître que le petit s'appelait Arsène, du moins, c'est ce que j'ai compris. Peut-être suis-je trop prompte à considérer que le monde entier est constitué de bobos, complètement internationalisés, qui partent en vacances chez les Indiens Quechuas et appellent leurs enfants du nom d'un évêque de Rostov du XIVe siècle. Anyway, au bout de quelques minutes, la baby sitter fit remarquer à Arsène qui s'impatientait que le panneau interactif et hertzien que les Abribus parisiens exhibent fièrement indiquait 3 minutes d'attente pour leur bus. Visiblement, le sang d'Arsène ne fit qu'un tour et il entreprit incontinent de nous faire un commentaire simultané des informations affichées, mais en français.

   Attendrissement général à l'arrêt de bus en entendant les divers "Ouh la la, vingt deux minutes pour le 87 !" du bambino. Et puis, la baby sitter a reparlé au minot en anglais et il a enchaîné sans un battement de cils sur la version anglaise du commentaire.

   J'étais stupéfaite devant la dextérité du garçon qui ne semblait pas bien vieux et faisait pourtant alterner parfaitement les deux langues. Hélas, et loin de moi l'idée de jeter la pierre à l'acrobate, il a fini par craquer et nous gratifier d'un fort mignon : " Ouh la la, twenty four minutes for le forty seven!".

   Ah Arsène, tu ne sauras jamais qu'une étrangère dans la rue, un jour, s'est sentie dans un grand moment de communion d'esprit avec toi. Bilingual Arsène, si tu m'entends, sache que toute mon admiration t'accompagne. Etant donné que probablement, tu ne m'entends pas, je m'en vais limiter mes élans lyriques et te souhaiter bonne continuation avec la RATP et ta baby sitter.

Keep up the good work, Arsène.


Par Sandra - Publié dans : Lost in translation
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Mardi 25 novembre 2008 2 25 /11 /Nov /2008 11:16

 

  MLAM m'a dit hier, souffrant à mon avis d'une petite attaque de jalousie commencée quand j'ai eu mon nouvel ordinateur (je ne suis pas bien sûre de vouloir déterminer s'il est jaloux de moi ou de l'ordinateur) : "Ne mets pas trop de trucs sur ton blog, après t'auras plus rien à dire !". Mais, forte de la conviction qu'une bavarde comme moi trouvera toujours des choses à dire et que le sujet se prête à d'infinis commentaires, et profitant que ledit LAM est sorti pour affaire, je reprends le clavier pour vous faire part d'un sourd sentiment d'inquiétude qui m'a envahie lors de la semaine dernière passée au royaume de Sa Très Gracieuse Majesté.

    Est-ce que je suis vraiment en Angleterre ? Je ne voudrais pas faire celle qui a fait l'Indochine et qui vous explique qu'à l'époque, c'était autre chose mais je suis allée régulièrement au RU depuis bientôt vingt ans (un commentaire sur mon âge, quelqu'un, si, là au fond, j'ai entendu quelqu'un ricaner !) et, spécial dédicace to my dearest mum, j'ai appris à aimer ces petites idiosyncrasies britanniques. Mais si, vous savez, la conduite à gauche évidemment, le robinet d'eau chaude toujours à droite, la façon dont les vendeurs vous disaient, avec cet air de parfaite courtoisie, "I'm afraid" dès qu'ils n'avaient pas ce que vous cherchiez.

    Le truc, c'est que dans les huit dernières années, je ne suis allée qu'en Ecosse (ce qui est différent pour tout un tas de raisons) et en Angleterre même, seulement dans les ports car en croisière sur notre modeste yacht de quarante cinq mètres de long avec chauffeur. Donc, je ne me rends pas compte si le changement a été brusque ou si c'est moi qui hallucine.

    Le changement donc est que j'ai trouvé l'Angleterre horriblement américanisée. Horriblement, le mot est trop fort mais, j'ai vu des voitures de sport rouges (tellement unbritish), des gros 4*4 partout, pas un seul, je dis bien pas un, robinet d'eau chaude à droite et les vendeurs et autres agents immobiliers vous disent quand vous partez "Take care" avec cette capacité tout américaine à vous parler comme votre meilleure amie perdue depuis dix ans puis retrouvée dans des circonstances dramatiques, alors que vous ne les connaissiez pas deux minutes plus tôt. En plus avec les panneaux "à vendre" "à louer" partout dont je parlais , on se croirait vraiment dans ce que la presse française montre des Etats-Unis de la crise des subprimes.

    Positivons me direz-vous, si le robinet d'eau chaude avait été à droite, j'aurais hurlé dans la catégorie "comment peut-on être anglais ?" que je m'étais ébouillantée en voulant me laver les mains. Ce n'est pas forcément désagréable non plus que les vendeurs aient perdu cette habitude de vous donner l'impression que s'ils pouvaient prendre avec vous des pincettes et des gants ultra épais, spécial insecticide puissant, ils le feraient volontiers, puisqu'après tout vous êtes "an alien".

    Nevertheless, je suis inquiète et je n'ai plus qu'à espérer que cette bonne vieille Angleterre en a encore sous le pied pour me prouver qu'elle sera toujours cette Albion éternelle pour laquelle les Français, entre autres, éprouvent une grande tendresse. Si vous pouvez m'en envoyer des preuves, n'hésitez pas, ça me remontera le moral. Si au contraire, vous avez des éléments confirmant mon hypothèse sur l'américanisation ambiante, n'hésitez pas non plus, ça me fera une occasion de crier triomphalement que j'avais une fois de plus raison.

    En attendant, take care.

Par Sandra - Publié dans : Dear old England
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Lundi 24 novembre 2008 1 24 /11 /Nov /2008 22:09

    Je me promenais dans la rue avec MCET à la recherche d'un appartement quand je vois l'enseigne de boutique suivante : "Animal charity shop". Sans vraiment réfléchir, j'en déduis dans mon for intérieur qu'il s'agit d'un charity shop, c'est-à-dire une de ces boutiques qu'on voit partout en Angleterre (ça pourrait faire l'objet d'un article dans la catégorie "Dear Old England") qui vendent au profit d'un organisme de charité et que cette boutique concerne les animaux. À ce moment-là, mes yeux tombent sur la vitrine de la boutique et je m'aperçois que la boutique vend essentiellement des articles pour bébés et enfants.

    Wow, ils n'y vont pas de main morte les Anglais, me dis-je. Je savais qu'ils considéraient leur progéniture comme un sous-espèce étrange, mal finie, voire pénible, à envoyer dès que possible en pensionnat (ça aussi ça pourrait faire l'objet d'un article dans la catégorie "Dear Old England"), mais de là à considérer leurs enfants comme des animaux, quand même !

    Mon surmoi reprenant le dessus et réprimant ces pensées un peu xénophobes il faut bien le reconnaître, je réalise que ce n'est pas possible et MCET et moi déterminons qu'il s'agit d'une boutique qui vend en faveur d'une animal charity. Ne me demandez pas pourquoi ils vendent des trucs pour gosses pour récupérer des sous pour les animaux mais toujours est-il que l'honneur des Britanniques en tant que parents est sauf.

    Moralité, si on essaie de presser une traduction, ça donne un craquage voire un incident diplomatique. Donc, vouloir à tout prix gagner du temps en traduisant, par exemple avec des logiciels de traduction automatique, au final, c'est dangereux. (Yes, j'ai réussi à caser un truc anti logiciel de trad !)

Par Sandra - Publié dans : Lost in translation
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Lundi 24 novembre 2008 1 24 /11 /Nov /2008 21:20

    Un article plus sérieux mais si ça peut aider des gens qui sont dans le même cas que nous il y a quinze jours ...

Donc, quelques conseils et témoignages (pas trop façon "C'est mon choix", j'espère) basés sur notre expérience récente. Je ne prétends pas avoir parole d'évangile, juste vous faire part de ce que j'ai vu. Peut-être d'autres fonctionnements existent-ils.

    Pour louer un appartement, le système est différent de la France. On ne paie pas de frais d'agence au moment de signer le bail mais avant de l'avoir signé, on peut avoir à payer une agence de referencing qui, comme son nom l'indique, vérifie vos références bancaires (vérifications auprès de votre banque, des organismes de crédit, voir si vous êtes sur une black list d'endettement etc.), en terme de logement (éventuellement contact avec vos précédents proprios) et d'emplois (vérification du contrat de travail et/ou de l'imposition des dernières années). Cette agence qui n'est pas forcément liée à l'agent immobilier qui s'occupe du logement en profite évidemment pour s'en mettre plein les fouilles. Et, d'après ce que j'ai compris, si vous ne passez pas le referencing avec succès, vous ne récupérez pas votre argent. Nice!

    Comme en France, les agences et propriétaires essaient d'avoir des garanties.

Ils considèrent comme des garanties suffisantes soit un contrat de travail garantissant un revenu suffisant (moins exigeant qu'en France, je crois que 2,5 fois le loyer en revenu net suffit la plupart du temps), soit quelqu'un qui va se porter caution pour vous, un guarantor. Mais attention, le guarantor doit résider en Grande Bretagne depuis au moins six mois.

    Donc, si vous êtes comme MCET et moi, c'est-à-dire deux free lances débutants, sans guarantor au Royaume Uni, sans contrat de travail, vu que le but de devenir free lance, c'est d'être liiiibre (vous le visualisez là, le labrador courant au ralenti dans la prairie sur fond de musique d'Ennio Morricone ?), vous faites quoi ?

La seule solution apparemment, c'est de trouver le moyen de payer six mois de loyer d'avance. Gloups ! Ca fait beaucoup d'économies de dépensées d'un coup ou beaucoup de pâtes sans beurre pour rembourser celui qui vous a obligeamment prêté la somme mais ça marche. Parce qu'évidemment, ils sont trop contents d'avoir six mois de loyer assurés.

L'idée étant qu'au bout de six mois, vous repassez au referencing, pour moins cher, cette fois, vous avez une credit history car vous avez eu un compte bancaire en GB, avec preuve de revenu i tutti quanti.

    Il faudra aussi payer un mois de loyer, en gros, de dépôt de garantie pour que le propriétaire s'en sorte s'il doit refaire l'appartement parce que vous avez repeint les murs en rouge et jaune à petits pois un soir de cuite. Rien d'exorbitant, comparé aux deux voire trois mois de loyer de dépôt de garantie que demandent certains proprios en France.

    Pour un Français, c'est donc à la fois plus simple et plus compliqué qu'en France. Plus simple parce que les garanties demandées sont moindres qu'en France. Plus compliqué parce que les Britanniques ne prennent en compte que ce qui se passe en Grande Bretagne et que précisément si vous déménagez vers la GB, c'est que vous n'y étiez pas avant (sans blague !). Cela dit, les British qu'on a vus pour ces questions sont tout ébaubis que le reste du monde ne marche pas comme eux mais tout à fait charmants quand il s'agit de s'adapter. En fait, ils doivent être assez conscients que c'est différent ailleurs, on passe un peu notre vie à nous foutre d'eux pour leurs particularismes, c'est juste qu'avec le petit train-train, sur leur île, il y a des fois où ils oublient que tous les êtres humains ne sont pas des sujets de Sa Très Gracieuse Majesté.

    Pour en revenir aux choses pratiques et en finir avec cet article, je vous conseille de prendre des RDV par téléphone à l'avance avec les agences, ils lisent peu leurs mails. Et, bien sûr, ils sont beaucoup plus confiants s'ils vous voient en personne, même si vous n'avez pas le look jeune cadre dynamique (ceux qui connaissent MLAM peuvent témoigner qu'il en est très loin). Cela dit, je déconseille quand même la crête rouge et l'étui pénien.

    Dernière chose et après, je mets le point final à cet article, c'est le moment d'émigrer, la livre est plus basse que jamais par rapport à l'euro, les prix de l'essence et de la bouffe sont en train de baisser en GB et avec le credit crunch qui les touche durement, il y a partout des maisons à louer pas si cher que ça. Dans chaque rue, on voit au moins un panneau "à vendre" ou "à louer", à cause des taux d'emprunts variables qui prennent ceux qui ont un prêt à la gorge. Pas très réjouissant dans l'absolu, mais un copain qui est arrivé à Bristol il y a six mois me disait qu'il voit la différence dans les offres de location.

 

Par Sandra - Publié dans : Realia
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Lundi 24 novembre 2008 1 24 /11 /Nov /2008 19:40

    J'inaugure cette catégorie "Comment peut-on être anglais ?", qui est destinée à contenir les particularités étranges ou carrément désagréables du bon peuple briton, par une étrangeté journalistique et éditoriale.

    My Lord And Master, a.k.a. Mon Cher Et Tendre, étant sevré de la lecture du quotidien crypto gauchiste défraîchi qui nous sert de lucarne sur le monde, s'est mis en quête du Guardian à notre arrivée. Quelle ne fut pas ma surprise en le voyant revenir de chez le marchand de journaux équipé d'environ 2 kg de papier. Après investigation, je constate qu'avec le quotidien se trouvaient un supplément éducation, un supplément éducation international, tous deux de grande qualité, d'ailleurs, plus un supplément télé et sport. Donc un truc exceptionnel, pensai-je.

    Las, quand le lendemain MCET récidiva et revint avec le Guardian et son supplément société, accompagnés des suppléments sport et TV apparemment, je compris que l'Anglais ne peut considérer un quotidien comme sérieux s'il ne fournit pas de quoi lire les trois quarts de la journée collé contre le poêle à gaz pour essayer (vainement en général) de se débarrasser de l'humidité acquise en allant acheter le dit journal.

    Il a fallu mettre le holà à l'enthousiasme de MLAM ou la voiture qui nous a servi de base arrière toute la semaine aurait été intégralement fourrée au papier journal ce qui, si on veut voir les choses du bon côté, aurait considérablement amélioré son isolation thermique mais qui aurait rendu la conduite, à gauche déjà périlleuse, encore plus difficile, vu que le papier du Guardian est assez épais et fait un mauvais pare-brise.

    Bref comment font les Anglais qui travaillent et qui ne peuvent passer toute leur journée, une pipe à la bouche, en robe de chambre, à dire "Élémentaire mon cher Watson !" toutes les trois minutes en lisant le journal ? Est-ce qu'ils ne lisent pas le Guardian, auquel cas ce serait un journal de major de l'armée des Indes en retraite et de gentleman of independent means (vu le ton du folliculaire, j'y crois moyennement) ? Est-ce qu'ils gardent tous les Guardians de la semaine pour les lire toute la journée du dimanche au risque de râter messe et vêpres (naughty boys!), comme l'a suggéré MLAM ?

Le mystère demeure absolu. Toutes vos propositions sérieuses de solution seront examinées.

Par Sandra - Publié dans : Comment peut-on être anglais ?
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