White chandeleur

Publié le par Sandra

   Ma première réaction en ouvrant les rideaux ce matin fut de sauter partout en disant "il neige !". C'était un peu maigre mais il m'en faut peu. Puis j'ai allumé l'ordinateur et entrepris de lire la presse. Et en voyant les photos de Paris et de Londres, où il ne neige que rarement, paralysés par trente centimètres de blanc alors que chez nous où la neige est présente tous les hivers, juste un petit saupoudrage façon mille-feuilles de temps de crise, j'ai hurlé "Remboursez !".
    Vers midi, ça s'améliorait comme on peut le voir là.
     Dans la suite des événements et très certainement à cause de mes exhortations régulières tournées dans la direction générale du ciel (sans qu'il soit bien clair si elles étaient adressées à  Jupiter,  Vishnu ou le Met Office, toujours est-il que quelqu'un a entendu et exaucé, c'est comme ça que j'aime mes divinités),  il a continué à neiger par moments à gros flocons et la pause cigarette sur les marches de notre immeuble a maintenant définitivement un goût de sports d'hiver.
    Pour en revenir à la couverture presse, alors que Libé montrait de belles images, le Guardian se faisait l'echo de l'affolement général. Il faut dire aussi que les chutes de neige sont assez violentes dans le sud-est de l'Angleterre apparemment. Au passage, le fameux art britannique de l'understatement en prend un sacré coup, puisque le Guardian parle de "temps arctique" et le Times de "appalling weather". Et là, si on veut se lancer dans de l'interprétation de haut vol, on peut faire remarquer que la perfide Albion est en pleine psychose credit crunchée, puisque la réaction immédiate a été de calculer les pertes qui pourraient être causées à l'économie par la neige (un employé sur cinq n'a pas pu se rendre au travail dans les endroits les plus touchés et les transports autour de Londres sont bloqués).
    Bref, les Anglais ne savent plus à quel saint se vouer et tout naturellement , comme à chaque fois que la bonne vieille église anglicane leur fait défaut, ils se tournent vers leurs cousins nord-américains. C'est ainsi que le Guardian fait un article sur le Ground Hog day (jour de la marmotte, rendu célèbre en France par le film Un jour sans fin), pour commenter les connaissances climatologiques de la bestiole.
    Pour les bons vieux Français de tradition catholique (même s'ils n'hésitent pas à se tourner vers Vishnu en cas d'urgence météo), c'est la chandeleur*, fête de la présentation au Temple de Jésus et de la purification de la Vierge**. Donc crêpes sous la neige, comme au bon vieux temps jadis, celui où on savait s'amuser, où la viande avait du goût et où les jeunes avaient du respect pour leurs aînés.

* En anglais, candlemas.
** Curieusement, la fête de la circoncision de Jésus (le 1e janvier, ndlr) passe un peu plus à la trappe.

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