Bazar des langues - liquidation

Publié le par Sandra

    Aujourd'hui, l'UNESCO a mis en ligne la nouvelle édition de son atlas interactif des langues en danger. Il ne reste plus qu'un seul locuteur natif du live, qui paraît-il s'occupe activement d'enregistrer le maximum avant de mourir (il est né en 1926). Pauvre vieux, il a sacrément la pression.
    En se baladant un peu sur le truc, on remarque aussi que les langues et ceux qui les parlent défient les nationalismes de tous poils : il y a des gens qui parlent scots au Canada et en Irlande du Nord, des locuteurs natifs du grec pontique en Turquie et des gens (mais plus beaucoup) qui parlent en Sardaigne un dialecte catalan. Je ne peux pas m'empêcher de sourire à l'idée des régionalistes et autres nationalistes obsessionnels de la pureté culturelle ("Mars aux Martiens !") s'arrachant les cheveux à essayer de faire coller l'histoire avec les slogans. Eh oui, les Terriens, ça bouge, ça se marie avec des estrangers qui parlent pas comme nous, ça fait des enfants à double culture, ça transmet un héritage qui n'est pas toujours aussi bien carré et "ethniquement nettoyé" que certains le voudraient.
    Et puis malheureusement, comme on le voit sur cet atlas de l'UNESCO, les humains, ça s'arrête parfois de parler sa langue maternelle parce que c'est pas facile quand on est mort, déporté, ou maintenu dans une misère crasse ou parce qu'un humain, ça décide parfois de tenter sa chance à la ville, d'émigrer et de laisser derrière la langue du pays avec ses hantises de l'absence d'avenir et ses vieux édentés.
    Bref, ça fait jamais ce qu'on veut. Et les langues, les cultures, m'en parlez pas. Ca vit, ça meurt, ça marche pas bien in vitro, ça refuse de chanter l'hymne national breton au moment où ça ferait pourtant bien sur FR3 mais ça se met à inventer des slogans dans les manifs pile quand on voudrait que ça se taise pour pouvoir faire son petit discours peinard. In-sup-por-table !

-------update 4 février 2010------
La semaine dernière, est morte Boa Sr, dernier locuteur natif de la langue bo des Îles Andaman dans le Golfe du Bengale. Elle avait survécu, contrairement à tous ses ancêtres et compatriotes, à l'utilisation de l'île par les Anglais comme colonie pénitentiaire puis à l'occupation japonaise pendant la seconde guerre mondiale et enfin au tsunami de 2004.

Publié dans Le bazar des langues

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Ptibi 22/04/2009 14:30

j'ajoute une protestation aussi vive qu'inutile en ce qui concerne la disparition de notre bon vieux français ...! comme certains le savent nous sommes des passionnés de lyrique actifs !!! à ce titre nous consultons souvent les sites des opéras du monde entier . L'opéra de Paris (qui pourtant n'est pas à la pointe du progrès sur tout le lyrique ...) a pris soin de mettre en ligne son site en 3 langues (FR, DE, EN) je déplore que le site du Royal Opera House ne connaisse que la langue de sa gracieuse majesté!.
peut-être manquent ils de traducteur ?