Excentricité fiscale

Publié le par Sandra

    Évidemment les Anglais étant ce qu'ils sont, ils ne pouvaient pas, même sur un sujet aussi peu sujet à l'excentricité et au fun que les impôts, faire comme tout le monde. C'est ainsi qu'ici l'année fiscale court du 6 avril 2008 au 5 avril 2009 (pour celle qui se termine bientôt) et qu'elle ne recouvre pas l'année civile comme partout ailleurs, j'imagine, en tout cas comme en France.
    Flairant l'anecdote historique marrante, en apprenant ce détail, je me suis jetée sur Wikipedia qui m'apprend ici que cette pratique remonte à la tradition ancienne des échéances financières trimestrielles  (encore maintenant, vous payez votre facture d'électricité par trimestre ici, et vu qu'ils font encore leur électricité avec du charbon comme dans le temps, ça fait cher la douloureuse pour trois mois d'un coup), fixées à quatre fêtes religieuses grosso modo distantes de trois mois. Les loyers et impôts entre autres devaient ainsi être versés au début de l'année le jour de Lady Day (Annonciation de la Vierge), donc le 25 mars. Et tout allait bien au royaume de Sa Très Gracieuse Majesté, d'après Wikipedia en tout cas*, jusqu'au passage en 1752 du calendrier julien au calendrier grégorien qui était décalé par rapport à lui. Pas fous, les fonctionnaires des impôts ne voulant pas perdre la valeur en impôt des jours de décalage, on décala alors le début de l'année fiscale.
    L'Angleterre n'ayant connu que de fausses révolutions (oui, bon, je ne vais pas me lancer dans un grand débat historique, c'est une façon de parler), aucune bonne vieille république vouée au culte de la Raison ne vint mettre un terme à cette fantaisie si britannique. Je souris à l'idée que les fonctionnaires de Bercy qui planchent sur le passage de nos impôts français sur le revenu prélévés l'année suivante (on paie en 2009 les impots sur les revenus de 2008) à un système de prélévement à la source comme d'autres voisins européens (prélévement en 2009 des impôts sur les revenus de 2009) et qui rechignent à l'idée de perdre toute une année d'impôts dans ce décalage, je souris dis-je à l'idée qu'ils pourraient prendre la même décision et décréter qu'ils prélèvent en 2008 les impôts sur 2008  et qu'on n'est donc pas en 2009 mais en 2008. Si des Anglais l'ont fait pour douze jours, quel triste sire suppôt de l'anti-France ira prétendre que nous ne pouvons pas le faire pour trois cent soixante cinq !

* Chameaux de royalistes infiltrés !

Publié dans Dear old England

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