Langue vivante

Publié le par Sandra

   En traînant , j'ai trouvé un article intéressant ou au moins intriguant dont le titre est "Les mots anglais les plus anciens identifiés". J'en connais quelques-uns qui doivent déjà être en train de sauter partout comme un cabri en criant "Linguistique ! Linguistique ! Linguistique !" ou en train de se caresser la barbichette en murmurant "Uhurmf, interesting". Apparemment, des scientifiques de l'université de Reading ont mis au point une technique révolutionnaire, dont je n'ai pas bien compris l'exposé, d'ailleurs*, permettant de savoir quels sont les mots les plus susceptibles de disparaître et ceux qui sont les plus stables donc les plus anciens. Parmi ceux-là, "I", "two" et d'autres, qui pourraient servir à des voyageurs temporels perdus à l'époque de Guillaume le Conquérant.
    Une autre partie du texte laisse entendre que certains de ces mots ( "I", "two" ?) seraient prononcés de la même manière depuis quarante mille ans. Bon. J'aurais peut-être dû attendre que vous finissiez vos rognons -saucisses-baked beans avant de le dire. Oui, je sais moi aussi, ça m'a fait ça. C'est désagréable les baked beans avalés de travers, hein** ? Mais bon, vous connaissez les journalistes et leurs raccourcis vendeurs. En tout cas, le bidule est à creuser et si quelqu'un trouve en ligne le papier*** que l'équipe a publié, je suis preneuse.

* Je soupçonne fortement la méthodologie du journaliste de Reuters qui le premier, j'imagine, a interviewé l'équipe pour être ensuite repris tel quel  par tout le reste de la presse anglophone. Abie, là, c'est le moment où tu t'énerves. Qui sait, peut-être retrouvera-t-on le truc dans Bad science.
**
C'est désagréable les baked beans, tout court, en fait.
*** Abie, je sais que tu as du boulot, mais voilà une quête pour toi.

Publié dans Le bazar des langues

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bli 19/04/2009 12:36

Abie:
> Je suis désolée de constater que ce Professeur Mark Pagel
> est un biologiste évolutionniste... mais je n'ai pas trouvé
> son cv, alors je me console en me disant qu'à la base, c'était
> peu-être un matheux reconverti en modélisation évolutive ?

Je ne vois pas pourquoi un matheux serait moins coupable de n'être pas liguistics-aware qu'un biologiste. Et vice-versa.

En tout cas, Pagel a l'air d'être principalement phylogénéticien:
http://scholar.google.it/scholar?hl=en&lr=&q=author%3Am-pagel&btnG=Search

Sandra 19/04/2009 15:49


Salut Bli, j'imagine qu'Abie aurait aimé penser que quelqu'un faisant des déclarations aussi fantastiques que ce qu'en dit l'article n'avait pas la même formation qu'elle. Du coup, on aurait pu
imaginer que tu aies la même réaction (si je ne me trompe pas sur ton identité). Mais je reconnais bien là ta rigueur dans le raisonnement et ta rectitude morale ;-).
Donc oui, les matheux sont aussi coupables que les biologistes, si c'est toutefois possible ;-)


Worthless 17/04/2009 09:29

Moi j'aime bien les bakes beans...
J'aime bien cette phrase, aussi : "Fortunately, we don’t need to rely on IBM if we have the much more reliable Oxford English Dictionary at hand."
Et puis franchement, pourquoi est-ce que qui que ce soit pourrait avoir envie d'aller tailler une bavette avec Guillaume le Conquérant, je vous le demande ?

Abie 16/04/2009 21:28

Aaaaaah.
Overblog reduse mes liens hypertextes. Tant pis, ce sera à la main.
Le communiqué de presse : http://www.reading.ac.uk/about/newsandevents/releases/PR19825.asp
La page de Mark Pagel : http://www.evolution.reading.ac.uk/
L'article de _Nature_ : http://www.nature.com/nature/journal/v449/n7163/abs/nature06176.html
Et le démontage montrealais : http://www.montrealgazette.com/entertainment/books/Watchwords+Intellectual+mayhem/1410590/story.html

Sandra 16/04/2009 22:44


MLAM, qui s'était empressé de rechercher la publi, me dit que les "lettres" à Nature sont en fait des articles courts.
Je culpabilise un peu de t'avoir lancé sur le sentier de la guerre alors que je crois que tu as du boulot. Mais, bon, c'est pour la bonne cause.


Abie 16/04/2009 21:26

Ah, j'avais vu passer l'article en février, mais je n'avais pas eu le courage de chercher plus loin. Merci de me le rappeler !
Bon, pour commencer, le communiqué de presse de la fac de Reading dit :
«The oldest words we use today have been in existence for at least 10,000 years.» et c'est déjà bean-through-nose-worthy.
Je ne sais pas d'où sort le chiffre de 40 000 ans.
Allez donc lire le démontage complet de ce naufrage scientifico-médiatique dans cet article de la Montreal Gazette, qui prouve que tous les journalistes ne sont pas à mettre dans le même panier.
Sandra tu réclames l'article paru dans un journal à comité de lecture. Il n'y en a pas... J'ai exhumé une "Letter to the editor" de Nature qui date de 2007, intitulée «Frequency of word-use predicts rates of lexical evolution throughout Indo-European history».
Depuis, il est allé extrapoler les résultats avec son super ordinateur de la mort bien au-delà des intervalles de validité de ses paramètres...
Je suis désolée de constater que ce Professeur Mark Pagel est un biologiste évolutionniste... mais je n'ai pas trouvé son cv, alors je me console en me disant qu'à la base, c'était peu-être un matheux reconverti en modélisation évolutive ?