Bristol Saint Paul's Carnival 2011

Publié le par Sandra

    Après un long silence, dû à ma charge de travail* depuis février et au fait que, fatalement, plus je vis ici, moins la britannitude ambiante m'est exotique, je reviens au clavier, après être revenue de France, parce qu'un des grands plaisirs de la vie à Bristol, c'est qu'on n'y est pas seulement dans une Angleterre charmante mais stéréotypale. Au hasard d'une discussion avec un voisin, nous avons appris que se tenait hier, comme tous les premiers samedis de juillet depuis 1967, le carnaval caraïbe de Saint Paul.

StPaulsCarnival.jpg

    L, éminente Anglaise de Vannes, m'avait parlé de la population caraïbe de Bristol qui fait de la ville un hotspot pour acheter des mangues. Les coiffes façon carioca se trémoussant vers Portland Square ne furent donc pas complètement une surprise. Tout au plus, un paradoxe britannique de plus m'a fait sourire : au pays des règlementations health & safety parfois vraiment pusillanimes, 80 000 personnes se promenaient gentiment dans les rues, buvant force bière, fumant force plantes à l'odeur d'herbes de Provence, dévorant du poulet grillé dans des barils barbecues de fortune, tout cela à trois centimètres de zombies de moins de douze ans, eux-mêmes collés aux sound systems poussés au maximum.

    Ce qu'on ne voit pas sur les images**, c'est le côté très bristollien de la manifestation, associatif, mélangé, multi-communautaire dans le meilleur sens du terme. En vrac, dans la petite partie que nous avons pu voir, des élèves (blancs, majoritairement) d'un collège du secteur déguisés en zombies, le portrait de Bob Marley en peinture sur soie arboré par le rickshaw qui portait les bafles des danseuses ci-dessus, les petites danseuses en pyjama brodé du cortège de l'association chinoise de Bristol, la banière d'une association de troisième âge, les instits portant, sourire aux lèvres, la banderole identifiant leur école primaire fièrement représentée par une troupe de CE2 déguisés en abeilles, encore capables malgré la chaleur et la fatigue de se remémorer la chorégraphie préparée...

    Même si nous étions peu conscients de cet aspect quand nous avons choisi de nous installer ici (quoique les graffitis de la commune autoproclamée de la People's Republic of Stokes Croft nous aient vaguement mis la puce à l'oreille), l'ambiance et le principe de ce carnaval font partie de ce qui fait de Bristol une ville selon mon cœur.

    Ça et le restau marocain de St Nick's Market, Al Bab Mansour, Pie Minister, juste en face, le libanais qui vient d'ouvrir à côté et le restau-traiteur portugais qui s'est installé entre un (vrai) fromager et the Bristol Sausage Shop. Ben oui, on ne se refait pas, la bouffe, c'est important.

 

* Je ne me plains pas, je dis juste que quand vos journées sont occupées à trouver quel slogan vous allez bien pouvoir inventer, parce que coller au texte-source américain et mettre "Faites péter la choucroute" dans une pub pour un salon de coiffure censément tendance ça va pas le faire, eh bien, sans parler de burn out créatif quand même, il ne reste plus trop d'espace de cerveau disponible pour rédiger des sornettes sur la surmortalité masculine dans certains quartiers de Glasgow, due à la consommation pathologique de pork scratchings (non, cet article-là, vous ne l'aurez jamais).

** trouvées sur le site de la BBC et sur anorak.co.uk

Publié dans Bristol

Commenter cet article

Luc 21/07/2011 12:58


Tu peux corriger ce "s" absent? je n'y arrive pas.
Et le reste si il y a d'autres fautes...


Sandra 21/07/2011 13:24



Désolée, je ne peux rien faire, l'interface est assez traître et oblige à assumer ses oublis orthographiques pour l'éternité ;-).


Merci pour le commentaire au passage. Le coucou fait plaisir. Bises



Luc 21/07/2011 12:56


On est content que meme si l'éxotisme diminue (pour vous) tu continue à nous en raconter les charmes !

Bise