Malaise dans la blog-culture

Publié le par Sandra

    Comme me l'a fait remarquer un membre éminent de mon aimable lectorat, mon dernier post remonte à un mois et demi. Je m'étais contentée initialement de répondre que c'était juste que je n'avais pas des masses d'idées vraiment abouties avec élan créateur afférent et par ailleurs, j'ai eu une semaine de boulot de folie. Mais à la réflexion, il y a peut-être autre chose : je constate qu'Abie déprime, clamant qu'elle ne sait pas dans quel état erre son blog*. La prime réaction des profs de latin à chignon et à manie des imparisyllabiques de ce monde serait : ça lui apprendra à céder au snobisme du moment sous prétexte de capturer le zeitgeist en se laissant aller à twitter. La seconde réaction est que j'ai vu je ne sais où que la blogosphère était en déclin à cause de Twitter, précisément**.
    Mais enfin, comme ceux qui me connaissent vous le diront, je suis une incurable optimiste et j'ai trouvé quelques raisons de se réjouir de ladite blogosphère qui bouge encore, merci bien.
    Dans la catégorie cock-a-doodle-doo***, trouvée via Bouphonia, redécouvert via Abie, et pour ceux qui ont du mal à se convaincre que le marnage dans l'Avon est de 12 mètres, cette video de la spectaculaire vue sur le pont suspendu de Clifton :

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    Dans la catégorie langage et linguistique, découvert via Omniglot, Speculative Grammarian, "premier journal savant présentant des recherches dans le domaine négligé de la linguistique satirique." Un extrait de l'article "Tests de la boîte noire en linguistique", par Nachele Thanhthu et Nyklus Affanita, Département de linguistique et de science des noms, Orvall Oryan School pour les personnes à handicap onomastique, Choirokoitia, paru dans le dernier numéro :

Deux scientifiques en montgolfière dérivaient à cause de forts vents. Ils n'avaient vu personne depuis des heures et étaient complètement perdus.

Comme ils approchaient d'une chaîne de montagnes, ils repérèrent une femme en haut d'une montagne et lui crièrent : "Pouvez-vous nous dire où nous sommes ?"

Après réflexion, le femme répondit : "Oui." Les scientifiques crièrent immédiatement  : "Où sommes-nous ?"

La femme réfléchit quelques minutes et juste avant que les scientifiques n'aient dérivé hors de portée de sa voix, elle répondit : "Vous volez dans une montgolfière, au-dessus d'une chaîne de montagnes, à une vitesse de 24 à 32 km/heure."

Un des scientifiques se tourna vers l'autre, dépité, et dit : "Eh bien, ça ne nous aide pas beaucoup." L'autre répondit : "Ouais, c'était une mathématicienne."

"Quoi ? dit le premier, stupéfait. Comment sais-tu qu'elle était mathématicienne ?

— Eh bien, ça lui a pris un temps ridiculement long pour répondre à une question simple, sa réponse était indubitablement vraie et complètement inutile."

     Parce que, même si la blogosphère est morose et qu'il pleut pour le premier jour officiel du printemps, se foutre de la gueule des matheux, c'est toujours bon. Je ne dis pas que c'est pas injuste, je te dis que ça soulage.

* Merde, ça fait pas la blague !
** En même temps, j'ai entendu écrire dans mon quotidien ex-maoïste et actuel gauchiste du Quai de Jemmapes habituel, qu'un tiers des élèves de CM2 tient un blog. We are doomed!
*** Cocorico, en anglais.
Tu vois bien qu'il sert à quelque chose, ton blog !
† Traduction de l'anglais par moi.

Publié dans Les mystères du web

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Abie 03/04/2010 02:13


Mouhaha je suis flattée que tu considères mes affres métaphysiques comme le signe annonciateur de la fin de la blogosphère, mais je ne pense pas qu'il y ait beaucoup de souci à se faire. Omnia
mutantur, nihil inherit...
Par ailleurs, je ne trouve pas de fil RSS sur tes blogs, alors que j'essaye de discipliner mes lectures grace à un agrégateur. C'est volontaire ?