Seasonal railway system bashing

Publié le par Sandra

   Comme tous les amis de la Grande Bretagne le savent et comme Ken Macleod nous le rappelle si bien*, les Britanniques et les trains vivent une grande histoire d'amour et d'incompréhension. On peut s'en apercevoir dans bien des intrigues d'Agatha Christie, la Grande Bretagne avait, il fut un temps, un remarquable réseau ferré. Aujourd'hui, il faut être capable d'installer une distribution Linux sans les pieds, sans les mains et sans écran pour comprendre les horaires et les tarifs et tout ça coûte la peau des fesses, naturellement (sans compter que ça va encore augmenter comme l'explique bien le Guardian ici).
    Bref, je croyais être blindée sur le sujet mais je n'ai pu m'empêcher de croire à un canular élaboré quand S from London, partageant mon amour des idiosyncrasies albionesques, m'a envoyé un lien vers une page du site web de la ligne du sud-ouest de l'Angleterre expliquant que les horaires de certains trains étaient modifiés avec un temps de trajet plus long en raison de la chute de feuilles mortes sur les voies qui, réduites en purée par les roues, recouvraient les rails d'un film glissant dangereux pour le trafic, obligeant ainsi les trains à ralentir. On savait qu'ils avaient un service voyageurs de merde (je me souviens encore de la tête incrédule puis extatique de la famille d'Anglais, que j'avais renseignés lorsqu'une vache avait élu domicile sur la ligne Paris-Limoges, quand je leur avais dit que nous serions remboursés d'une partie du billet, ce qui était bien la moindre des choses attendu que nous avions deux heures et demie de retard et avions été contraints de changer à Chateauroux et à Saint Pierre des Corps) et qu'ils n'avaient toujours pas compris que privatiser ce genre de services ne fait le bonheur de personne si ce n'est des compagnies aériennes (le Labour vient d'essayer de faire pareil avec la poste).
    Mais là, c'est pas possible, vous avez un secret, dites-nous ! Je veux dire, ce n'est pas comme si la ligne entre Chateauroux et Saint Pierre des Corps n'était pas rurale et arborée, elle aussi ! Prochain challenge, faire gober aux usagers que le billet coûtera deux fois plus cher à cause des escargots qui répandent leur bave corrosive sur les rails. La myriade de compagnies ferroviaires du secteur privé, qui est si grand, si beau et qui sent si bon le sable chaud, saura, j'en suis sûre, relever ce défi à leur mesure.

* Trouvé dans The sky road relu ces derniers jours :
"The Brits just didn't do trains.
    They'd invented them. They had a couple of centuries' experience with them. They had more actual enthusiasts for trains per head of the population than anywhere else. They'd invented 
trainspotting**. And they still couldn't seem to figure out how to make trains run on time.
    So here they were on a bright, cold Sunday morning, somewhere south of Penrith, and under traction from one electric engine that sounded like it came from the sort of gadget you would use for home improvements.
"
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