Vin à Bristol - Nicolas

Publié le par Sandra

Edit 29 novembre 2010 :

À mon grand désespoir, j'ai constaté le mois dernier en essayant d'acheter du vin chez Nicolas Bristol pour une cheese and wine party, institution britannique s'il en est, que le magasin avait fermé. Depuis, c'est pain sec et bière à la maison. Snif.

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    Je suis tombée par hasard l'autre jour sur un magasin Nicolas dans Redland, alors que la retoucheuse chez qui je me rendais initialement juste en face m'avait demandé d'attendre le temps qu'elle pique quelques épingles dans l'ourlet du monsieur. Vous allez me dire, comme distraction pour passer le temps, aller dans un magasin de picole, c'est un peu pathétique ou peut-être "so Gallic", voire les deux. Et c'est vrai que d'abord, je me suis juste dit "ouf, un endroit où on vend du vrai vin", i.e. du vin français dans des bouteilles avec des vrais différences de terroir et tout et pas des rayonnages blindés de syrah à la provenance indéterminée mais vaguement "latine" vendu dans des briques Tetra Pak avec le petit trou pour la paille.

    J'entre donc, et là, bonheur, extase, je tombe sur, et je cite en vrac, du Sancerre, du Menetou Salon, du Pouilly Fumé, du Pouilly Fuissé, du Jurançon, du Monbazillac, du Meursault, de l'Arbois, du Gewurtzstraminer, j'en passe et des meilleurs. Bon les prix sont anglais, c'est-à-dire plus élevés qu'en France et parfois un peu étranges* mais c'est quand même bien agréable. Et c'est là que j'ai réalisé quelle chance j'avais d'être française. Bien sûr, il y a longtemps que j'ai réalisé ça, après tout, je suis mieux comme ça que née dans un bidonville au Bangladesh, mais c'est au moment de discuter avec le vendeur que j'ai réalisé une autre raison de considérer qu'être français est un vrai avantage dans la vie. Parce que le truc, c'est que moi, je sais prononcer correctement "Menetou Salon" et "Côteaux du Layon". Et que, réalisant que je suis Française et que sa prononciation ne fait pas le poids à côté de la mienne, le vendeur n'est pas énervé parce que je suis arrogante comme seule une Française sait l'être, que je la ramène et que Jeanne d'Arc méritait tout ce qui lui est arrivé***, non, il me dit "merci" en français dans le texte.

    Incroyablement bon pour le moral et ce, avant même d'avoir ouvert la bouteille, je tiens quand même à le souligner. La boutique est bien achalandée, les prix sont raisonnables, la bouteille de Côteaux du Layon à 9,99 £ était délicieuse. Ajoutons à ça que le vendeur ressemble à Jonathan Rhys Meyers dans Bend it like Beckham, ce qui ne gâche rien, et c'est l'adresse qui tue.

 

Nicolas Bristol

116 Coldharbour Road

Redland

Bristol BS6 7SL

Ouvert tous les jours

 

* Indice pour savoir que ce magasin est au Royaume-Uni, à part le fait que les prix sont en livres, je veux dire : le Muscadet était plus cher que le Sancerre et je doute que ce soit parce que les Anglais sont fans du Père noël est une ordure et d'huîtres**.

** Les vrais de vrai comprendront.

*** Je sais, il a peut-être pensé tout ça mais, petit exercice mental, faites la comparaison avec un Allemand qui corrigerait la prononciation de la vendeuse du magasin de chaussures sur le mot "Birkenstock". Convaincus ?

Publié dans Bristol

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Abie 25/05/2010 11:16


J'ai raté l'appel de la note "**", du coup je suis un peu perdue !
(et puis ça parle de vin, donc je suis _franchement_ perdue...)
Je me raccroche donc aux classiques du pinaillage : si ta boutique est bien achalandée, c'est qu'elle a beaucoup de clients... je pense que tuu voulais dire "approvisionnée".
NB : Apparemment le Tlfi accepte les deux sens donc je retire mon pinaillage :
http://www.cnrtl.fr/lexicographie/achaland%C3%A9


Sandra 25/05/2010 11:48



L'appel de note ** est à la fin de la première note. Élève Abie, un peu d'attention, je vous prie. Je sais, c'est mal mais Pratchett le fait, donc, pourquoi pas moi.


Par ailleurs, on a déjà eu cette conversation sur "achalandée" et je suis sûre qu'il est possible de trouver des sources du XVIIIe utilisant le mot dans ce sens.