Will they overcome? Occupation de l'Université de Bristol par des étudiants en protestation contre l'augmentation des frais de scolarité

Publié le par Sandra

    Le mouvement de protestation des étudiants contre l'augmentation des frais de scolarité universitaires décidée par le gouvernement continue. À Bristol, ça donne une occupation des locaux de l'Université de Bristol.

    Deux-trois explications pour les Français qui s'interrogeraient sur ce mouvement, inhabituel en Grande Bretagne :

Il s'agit d'universités publiques financées par les contribuables surtout et les frais de scolarité.

Actuellement, les frais de scolarité sont limités à 3200 £ par an environ. Les universités, particulièrement les prestigieuses, appliquent en général le maximum des frais de scolarité autorisés. Les étudiants peuvent prétendre à un prêt pour payer ces frais qu'ils ne commencent à rembourser que quand ils perçoivent un revenu de plus de 15 000 £ par an.

Le gouvernement de coalition conservateurs-libéraux démocrates a le projet de remonter le plafond des frais à 9000 £ par an avec remboursement du prêt à partir d'un revenu de 21 000 £ par an*, ce qui correspond grosso modo au revenu médian.

Pour mieux faire image, je vous propose la simulation suivante : deux étudiants, l'un français, l'autre anglais, veulent devenir traducteurs. Ils s'attaquent donc au cursus peu ou prou incontournable dans ce secteur, une licence suivie d'un master, soit disons cinq ans (les différences entre les deux systèmes universitaires m'obligeraient à faire de savants calculs de demi-trimestre compliqués). Si on part du principe que les frais de scolarité (j'ai pris l'exemple de mon alma mater La Sorbonne Paris IV) n'augmenteront pas dans les années suivantes (je ne peux pas prévoir l'inflation dans ce domaine particulier, ma boule de cristal est au garage), voilà le résultat :

France                                                            Angleterre

1020 € pour tout le cursus**                     45 000 £ (53 650 €)

    Nous aurions donc un étudiant français qui peut envisager de payer ses frais de scolarité en travaillant l'été et qui peut toujours éventuellement compter sur une bourse même si je sais que c'est loin d'être le Pérou alors que l'étudiant anglais aura, dès qu'il commencera à gagner raisonnablement sa vie, à faire face à d'énormes dettes.

Forcément, ça énerve.

 

* environ 25 000 €. Après application à la louche de l'imposition et des cotisations sociales, cela donne un revenu net d'environ 1350 £ par mois (1600 € par mois).

** hors sécu étudiante pour les besoins de la comparaison

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