Edito

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  • : My Perfide Albion home est un blog créé à l'occasion de mon installation à Bristol. On y trouvera donc des pensées plus ou moins inspirées sur les différences entre la Grande Bretagne et la France, sur les problèmes de traduction, puisque c'est mon métier, et sur mes tribulations gastronomiques et culinaires au pays des spam fritters et de la deep fried mars bar.
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Copinage, pub et népotisme

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Où trouver quoi ?

Lundi 30 novembre 2009 1 30 /11 /2009 09:59
    Comme me l'a fait remarquer un membre insigne de mon honorable lectorat, cela fait un an (et un semaine parce que j'ai été un peu longue à la détente) que ce blog a démarré. Pour l'occasion, je me suis tapé un petit trip narcissique et j'ai relu une bonne partie des archives, ce qui ne m'était jamais arrivé. C'est comme ça que je suis retombée sur le post faussement détaché et légèrement nerveux au sujet de ce qu'on allait bien pouvoir manger ici. Eh bien à l'heure des bilans, comme on dit je crois dans les assemblées générales du MEDEF, je puis vous dire qu'il n'était besoin en rien de s'inquiéter.
    À part quelques agréables aménagements de notre régime alimentaire (when in Rome ...) nous mangeons essentiellement comme en France*. D'abord parce que les Anglais eux-mêmes sont conscients qu'ils risquent l'empoisonnement ou la perte des dents et des cheveux s'ils se contentent de manger rosbif et que les magasins sont remplis de spécialités étrangères de toutes provenances. Ensuite, parce que ceci est particulièrement vrai de la bouffe française, pour la bonne et simple raison que, et les Anglais peuvent bien faire mine que rien, je les ai percés à jour, ils sont en admiration devant la France.
    Je justifie immédiatement, et en trois points, cette explosive assertion. Premier niveau, la moitié des Britanniques qui apprennent que nous vivions à Paris avant ne peuvent concevoir comment on peut quitter volontairement notre pays, et particulièrement sa capitale. Je les vois bien, quand je leur dis que l'Angleterre, c'est bien et que de toute façon, on avait besoin d'air, prendre cette expression un peu hésitante qui révèle qu'ils sont en train de nous imaginer poursuivis par une troupe de gros bras chargés du recouvrement des dettes d'un bookmaker, par des maris trompés ou par des pirates barbaresques voulant m'enfermer dans le harem du sultan de Bruneï**. Quant à B., tous ses compatriotes sont persuadés qu'elle n'a épousé un Français que pour pouvoir émigrer plus facilement et personne n'a compris quand ils ont acheté une maison à Bristol.
    Deuxième point, la France est leur référence permanente et systématique en matière de bouffe†, de confort de vie, d'éducation sexuelle, de système de santé, de bon sens politique*** sur un mode général "les Français, qui ne sont pas aussi cons que nous, eux, font ...", par exemple ††, j'ai entendu sur BBC London je ne sais plus quand, une journaliste faire référence au truc vachement malin des Français pour éviter les intoxications aux champignons vénéneux, former les pharmaciens à les reconnaître de sorte que vous pouvez présenter votre champi à l'épicier à la croix verte du coin (selon l'expression de Coluche) qui vous dira si c'est mangeable (à tester sur le pharmacien de la Place Monge en plein Quartier Latin).
    Enfin, et c'est à mon sens, ce qui emporte le morceau, les Britanniques passent leur vie à critiquer les Français ou à ironiser sur les clichés gaulois sans se rendre compte que précisément, ils ne peuvent pas s'empêcher de faire référence à la France. Pour preuve, j'en veux cet article qu'Abie m'avait envoyé, sur le fromage britannique qui est bon, la preuve, les Anglais en achètent plus que du fromage français†††.
    C'est maintenant prouvé, les Anglais regardent la France comme une référence absolue, comme on regarde une sœur qui, quoi qu'elle fasse, est toujours plus drôle, plus belle, plus intelligente, bref, plus cool et qui, même si elle agace profondément et qu'on affecte de la dédaigner, reste l'incontournable pierre de touche quand il faut choisir entre deux paires de chaussures à talons.


* Sauf le boudin blanc, aarg, j'adore le boudin blanc. Ils pourraient quand même faire du boudin blanc, quitte à devoir se livrer au retro-engineering. On est quand même dans le deuxième pays de la saucisse, merde !
** Qui a dit que les Britanniques ne pouvaient pas avoir l'imagination fertile ?
† Le bon compère Bakkus, Kobaïen d'honneur, a porté à mon attention cet article du Guardian qui vit dans la fiction que les boucheries chevalines et leurs clients sont monnaie courante en France.
*** All right, je suis complètement déformée par la lecture du Guardian
†† Quand j'ai appris à faire des disserts, on m'a dit, au moins un exemple par argument. J'applique.
††† L'argumentation est total grotesque bien sûr, voyez donc un peu, ici.
Par Sandra - Publié dans : Ici là-bas
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Dimanche 22 novembre 2009 7 22 /11 /2009 23:50
    Comme le savent les trois pelés et deux tondus qui suivent ce blog sans être arrivés dessus à la suite d'une recherche avec les mots-clés "coupe de cheveux au carré"*, j'ai récemment eu à tâter de divers documents canadiens s'adressant à des instructeurs de pilotage. C'est à cette occasion que je me suis trouvé des terrains de solidarité avec ces sortes d'ex-collègues d'outre-Atlantique.
    D'abord, le manuel des instructeurs de pilotage multi-moteur commence par quarante pages de blabla pseudo-pédagogique utilisant des concepts de psychologie*** mal régurgités (Thorndike aurait vraiment envie de se suicider, je pense, en lisant les trucs en question) et d'injonctions à "être gentil" avec les élèves, parce que ça marche mieux, digne de n'importe quel IUFM† qui se respecte††.
    Mais ce qui m'a convaincue que les responsables de formation sont les mêmes partout, qu'il s'agisse de responsables canadiens de tests de pilotage d'hélicoptère ou de membres français de commission d'harmonisation de correction de Diplôme National du Brevet, c'est quand je suis tombée sur les différentes réponses que le correcteur devait accepter pour une question en anglais dont la réponse était "30" : "30~~thirty~~tirty~~therty~~terty". C'est vrai, le test n'est pas un test d'orthographe et c'est la raison pour laquelle on demande aux correcteurs d'accepter une réponse mal orthographiée. Mais, je ne peux pas m'empêcher de me demander si on veut vraiment donner le brevet de pilote d'hélicoptère à quelqu'un qui a de tels problèmes d'orthographe qu'il peut écrire le presque incompréhensible "terty" sur un plan de vol comme je me suis demandé, en mon temps, si on voulait vraiment donner la partie français du brevet à quelqu'un qui n'arrive pas à recopier sans faute le nom d'un personnage du texte-support.
    En définitive, que le Grand Translangageur Cosmique me damne, j'ai mis comme traduction "30~~trente~~trante" mais je n'ai pas eu le cœur d'ajouter le "tramtt" qui aurait sans doute été le seul équivalent valable du "terty" scélérat.
    Traduttore, traditore, indeed.

* En même temps s'ils l'avaient fait, c'est qu'ils n'étaient probablement ni pelés ni tondus, me direz-vous, donc, QED**.
** QED=CQFD en latin. Je sais, c'est snob, mais il faut bien laisser quelque satisfaction aux lettres classiques.
*** crypto-behavioriste dans ce cas, bien sûr, on est en territoire anglo-saxon.
† Le lecteur informé ne serait pas surpris outre mesure de trouver quelque part dans ce manuel des instructions sur la façon d'insérer dans n'importe quel cours un message sur la prévention routière.
†† I know how this sounds. Ce n'est pas le moindre des défauts de l'IUFM de transformer, dès le premier module transdisciplinaire, le discours de n'importe quel honnête apprenti-enseignant raisonnablement progressiste en clone de diatribe de Finkielkraut.

Par Sandra - Publié dans : Lost in translation
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Samedi 21 novembre 2009 6 21 /11 /2009 21:48
    En savourant la possibilité de glander sur internet après avoir dûment livré mon QCM pour apprentis-pilotes d'hélicoptère, je suis tombée sur un article du Guardian sur la grève des éboueurs de Leeds. Un méchant exemple de post partum blues, me direz-vous. Eh bien sachez que, de ce qui aurait pu être le fond du fond touché dans ce moment particulier de désœuvrement qui, je pense, affecte tous les travailleurs indépendants quand ils sortent d'un gros projet, j'ai tiré une tendresse renouvelée bien que paradoxale pour le royaume de Sa Très Gracieuse Majesté.
    L'article explique en effet que les éboueurs (et balayeurs et jardiniers) municipaux ont décidé d'entrer en grève quand le City Council a décidé d'égaliser la paye des employés masculins et féminins. Non, non, je vous arrête, nous n'avons pas là affaire à une troupe d'éboueurs misogynes, ce qui s'est passé, c'est que le City Council a décidé de baisser la paye des hommes au lieu de relever la paye des femmes*. Et attention, on s'accroche à sa moumoute, la baisse de salaire allait jusqu'à faire passer le salaire annuel de 18 000 £ (19 985 euros) à 11 000 £ (12 213 euros)**. Au passage, on a le droit de rester un peu rêveur à l'idée que les écarts de salaire entre hommes et femmes dans la fonction publique territoriale aient pu être aussi élevés. Malgré que le City Coucil ait depuis mis un peu d'eau dans son Fernet-Branca, les éboueurs n'ont toujours pas obtenu satisfaction. À mettre en perspective avec l'article de Polly Toynbee sur les salaires des hauts fonctionnaires, y compris municipaux, qui en 2008 étaient payés en moyenne 148 000 £ (164 320 euros) par an.
    Pourquoi ces réjouissances face à ce qui est assez une raison de s'immoler par le feu en cœur en tant qu'espèce animale ? Parce que nulle part ailleurs dans le monde, et je parierais un orteil qu'on peut prendre cette formule au mot et qu'aux États-Unis, même, ils ne font pas mieux, il n'y a cette capacité à accepter comme allant de soi de telles inégalités économiques. À ce point-là, on croit qu'on rêve, mais non, ils sont trop forts !
    Alors voilà, à ma voisine qui me demandait hier d'un air interloqué pourquoi on avait quitté une aussi belle ville que Paris, j'aurais pu répondre que j'aime l'Angleterre et les Anglais, parce qu'ils sont capables de ça***.

* Parce qu'évidemment, l'écart était dans ce sens-là, pas dans l'autre.
** Brut, naturellement. Avec les cotisations sécu et les impôts sur le revenu, il faut enlever 30 % à la louche.
*** Bon, OK, j'avoue, aussi pour les chapeaux de la Reine.
Par Sandra - Publié dans : Dear old England
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Lundi 9 novembre 2009 1 09 /11 /2009 19:25
    Ici, on ne "fête" pas le 11 novembre et le 8 mai, en en profitant pour glaner un long week-end quand les dates tombent bien, on fête le Remembrance Sunday qui avait lieu hier. Il y a un service religieux (la Church of England est église d'état) aux divers monuments aux morts en souvenir de tous les soldats britanniques morts dans toutes les guerres et les fleurs déposées sont toutes des coquelicots en papier (quiconque a déjà essayé de faire un bouquet de coquelicots en cellulose et chlorophylle sait que c'est un plaisir qui dure trois secondes et demi). Lesdits poppies apparaissent à toutes les boutonnières pendant la quinzaine qui précède et la presse à scandale ne manque pas de pousser des cris de putois dès que n'importe quel personnage apparaît en public sans l'insigne bien en évidence.

    Le souci, c'est que pour des raisons évidentes d'arithmétique, le dimanche le plus proche du 11 novembre est aussi toujours le dimanche le plus proche de Guy Fawkes night. Ce qui fait qu'hier, on pouvait entendre dans Westbury le reliquat des pétards et feux d'artifices de jeudi à peu près à l'heure où le service avait lieu au monument aux morts. Y a plus de jeunesse, y a plus de respect.

Par Sandra - Publié dans : Ici là-bas
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Lundi 9 novembre 2009 1 09 /11 /2009 02:30
Ailleurs pour pas encombrer : En attendant les extra-terrestres ...
Par Sandra - Publié dans : divers bidules
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